haut


4 visiteurs

Insigne collection Brevet Hawk




bannière de décoration
agrandir le texte*réduire le texte*

L'Opération Epervier.



    En 1969, François Tombalbaye demande l'aide française afin de lutter contre la rébellion qui déchire le pays. Les différentes interventions françaises n'ont pas empêché la crise de gagner l'ensemble du territoire tchadien et derrière ces mouvements rebelles apparaît progressivement le soutien du voisin du nord, la Libye de Kadhafi. insigne opération épervier


    Ainsi, en déclenchant l'opération Manta en 1983, la France se trouve confronté au Colonel. Le Tchad est alors divisé en deux à hauteur du seizième parallèle, le nord sous appui libyen, et le sud sous l'autorité de N'Djamena avec le soutien français.

    En 1984 est signé un accord prévoyant le retrait respectif des armées libyennes et françaises ; mais le leader libyen ne tient pas ses engagements, et alors que les derniers militaires français quittent le Tchad, les troupes de Kadhafi occupent toujours le nord.

    En février 1986, au franchissement du seizième parallèle par les troupes lybiennes, la France déclenche l'opération Epervier et bombarde la base aérienne de Ouadi-Doum.

L'envoi du HAWK.


    En effet, depuis ce début d'année 1986, la situation politique et militaire entre la Libye et le Tchad ne cesse de se dégrader. L'objet de ce différend alimenté de part et d'autre par un fort sentiment nationaliste : un territoire sur la frontière des deux pays. La France, depuis de nombreuses années, est présente sur le mini carte lybieterritoire tchadien par son dispositif baptisé Epervier, en vertu d'accords de coopérations et d'assistance militaire, et lui assure de fait une certaine protection.

    C'est dans ce contexte que le 17 février 1986, la Libye lance un raid aérien sur N'Djamena, la capitale du Tchad. Quelques jours plus tard, en représailles, la France lance une attaque aérienne sur l'aéroport à partir duquel les forces lybiennes opèrent au Tchad. C'est l'escalade militaire.

    Mais l'enseignement de cet événement est tiré : à tout moment, la Libye peut mener de nouveaux raids aériens. Dépourvu de défense sol-air moyenne portée, le Tchad est soumis à une forte pression militaire. A l'Elysée, la décision politique d'envoyer une batterie HAWK est donc prise.



(Témoignage du Colonel Petit, cahiers du RETEX n°6, disponible ici)


    Officier de programme sol-air au Bureau Etudes de l'EMAT, je fus requis le vendredi 21 janvier 1986 en matinée pour apporter une expertise à la préparation de l'envoi éventuel de moyens sol-air lourds en Afrique Centrale. On y annonça que, suite au bombardement aérien subi par N'Djamena quatre jours plus tôt, la décision d'envoyer du Hawk au Tchad avait été entérinée par les plus hautes instances nationales.

Pour diverses raisons excluant les autres formations Hawk chargées de missions particulières d'instruction ou d'évaluation technico-opérationnelle, ce fut le "403", régiment appartenant à l'artillerie du 1er corps d'armée et stationné à Chaumont en Haute-Marne qui fut rapidement choisi, quoiqu'il se trouvât temporairement au Centre d'Essais des Landes, en fin d'école à feu.

    Il est facile d'imaginer la surprise causée au personnel du régiment, lors de sa descente du train spécial militaire en provenance de Biscarosse, par l'annonce de la mise sur pied immédiate et précipitée d'une batterie de marche, de sa destination africaine, de son engagement dans une mission opérationnelle réelle.

La montée en puissance fut marquée par l'excitation naturelle des acteurs, l'amoncellement des messages, la désignation des participants et le recrutement de VSL (appelés volontaires pour un service long), la perception à Metz et la distribution des paquetages outre-mer, les vaccinations, la délivrance en urgence des passeports et de visas, la préparation de différents colisages. photo avion galaxy

    Ce fut aussi l'attente de l'ordre de départ, la tension des esprits, l'inquiétude légitime des familles de ces militaires métropolitains aucunement préparés à l'intervention extérieure. Et pour tout arranger, les vérifications techniques des matériels et la formation des parcs de véhicules furent effectuées sous la neige qui tombait dru sur le plateau de Langres.

    La composition en personnel du Détachement Hawk fut fixée comme suit. Aux ordres d'un officier supérieur artilleur sol-air, il comprenait une batterie Hawk, renforcée en équipes de tir et dégraissée de ses conducteurs et de ses personnels de servitude non-indispensables, plus l'essentiel des techniciens de l'unité de soutien Hawk régimentaire (provenant de l'Arme du Matériel), soit un effectif initial de 16/63/82. La durée de l'opération étant inconnue mais vraisemblablement assez longue, le principe d'une relève à des renforts en spécialistes rares provenant du "401" et la professionnalisation progressive des militaires du rang des détachements suivants.
    L'ordre de mise en route fut donné au "403" le mardi 25 vers minuit ; au petit jour, le lendemain matin, ses colonnes de matériel s'ébranlèrent sur une route verglacée, toujours sous la neige, en direction de Saint-Dizier. Le premier de quatre C5A Galaxy y fut aussitôt chargé, sous la direction des aviateurs américains et par une température extérieure de moins 22 degrés. photo descente avion galaxy

    C'est le 27 à l'aube qu'intervint le départ du personnel, en civil, à bord de deux Transall, puis son transfert à Paris dans un DC8 du COTAM, son escale à Dakar, son arrivée vers minuit au Tchad. 

   photo débarquement montageLe 28, cette fois par plus de 37 degrés à l'ombre et près de 60 degrés sur le tarmac de N'Djamena, le premier Galaxy fut débarqué par les hommes du "403" en un temps record, les matériels Hawk tractés progressivement vers le site de déploiement grâce à quelques VLRA obligeamment prêtés. Le reliquat des matériels de guet et de tir arriva par Galaxy les 1er et 2 mars, ainsi que les missiles transportés pour leur part par Transall.

    Le 2 mars au soir, une section fut déclarée prête au tir, la batterie complète le 3 au matin. En terme d'organisation opérationnelle, la partie Hawk fut réarticulée pour la circonstance en trois sections, chacune armant le site opérationnel pour 24 heures, les équipes de tir permutant toutes les quatre heures au sein du centre de contrôle de la batterie. Ainsi commença une veille ininterrompue, faite de périodes de fortes tensions et d'états d'alerte moins contraignants au gré de l'évolution de la situation tchadienne, cadencée par la relève journalière des personnels en place sur la position de tir. photo hpir

    Le détachement Hawk fut cantonné au Camp Dubut, au voisinage d'un hôpital militaire autochtone très actif, de l'Ecole des officiers tchadiens et d'un régiment d'infanterie parachutiste de l'Armée de terre française qui en était sa pièce maîtresse au Tchad. Ce n'est que le 26 novembre 1989 que se termina la participation des régiments Hawk à l'opération Epervier. Onze détachements Hawk s'y succédèrent, voyant ainsi certains cadres effectuer plusieurs séjours à N'Djaména en presque quatre années.


   

 
* retour haut de page* accueil* mail* lien en direction page accessibilité****

*
validation w3c* validation wcss* Level Triple-A conformance icon

© Copyright - 2007/2010 - www.7septembre.fr - Site non institutionnel - Plan du site.

Optimisé pour un affichage de 1024x768 Px Haut Débit .