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De la DCA au Hawk.



Extrait de l'ouvrage "402e R.A. un régiment d'exception", aux éditions Crépin-Leblond.


   Les premiers aéronefs utilisés à des fins militaires le sont à la fin du photo canon 75XVIIIe siècle, en particulier lors de la bataille de fleurus. Après l'utilisation des ballons lors du siège de Paris en 1870-1871, avion, ballon et dirigeable deviennent une réalité militaire à la fin du XIXe siècle. Ils représentent alors une menace. Il est urgent de construire une Défense "Contre-aéronefs" (D.C.A.).
   En 1904, à l'atelier de construction de Lyon, le lieutenant-colonel Sainte-Claire-Deville confie au capitaine Houberdon l'étude d'un canon de 75 contre-aéronefs porté sur un châssis automobile. Dès 1907, des expériences effectuées au camp de Mailly (Aube) montrent que ce canon a les qualités reconnues essentielles, à l'époque, d'un bon canon antiaérien : grande vitesse initiale, tir rapide et trajectoire tendue. En 1908, l'arsenal de Puteaux commence la fabrication du prototype d'auto-canon de 75 dont les premiers essais ont lieu en 1910. Les résultats étant satisfaisants, le matériel est adopté en 1913 sous le nom d' "Auto-Canon de 75 Modèle 1913". (Lien externe : Histoire de l'invention du 75).

   Il n'en existe qu'un exemplaire à la déclaration de la guerre, affecté à la défense du grand quartier général.


Eugène Pagesy, le "père de la DCA".


(Extraits de l'écho des champagnes, n°39, octobre 2005, rédigé par le capitaine Amblard.



   Dès que l'utilisation d'engins volants à des fins militaires a été expérimenté, des hommes ont tenté d'y trouver une parade. Mais eu égard à la fragilité des premiers appareils, au côté excentrique des premiers aviateurs et aux problèmes liés au tir dans la troisième dimension, seule une minorité a décelé dans l'avion un danger imminent.

   Aussi, lors de la déclaration de guerre, on ne compte que très peu de matériels spécialisés dans la DCA et encore moins de réglement ou de méthode pour tirer sur les aéronefs. Chacun applique alors sa propre méthode, souvent empirique, avec plus ou moins de bonheur. Au cours de l'hiver 1914-1915, le chef de bataillon Pagesy, alors chef du 1er groupe du 50e régiment d'artillerie coloniale, rédige un mémoire qui sera transmis au ministre de la guerre. Ce mémoire qui pose d'une façon nette et scientifique les grands principes du tir antiaérien, fera de son auteur le père de la DCA.

Mais qui était-il?

   Eugène Pagezy est né le 17 septembre 1876 à Montpellier. Après des études secondaires, il est élève à l'Ecole Polytechnique de 1894 à 1896 puis sous-lieutenant d'artillerie à Toulouse. Les techniques de l'artillerie de campagne ne sont pas les seuls à captiver le capitaine Pagesy. En effet, il s'intéresse aux aéroplanes. En 1909, alors que le capitaine Houberdon termine la mise au point du prototype de l'autocanon de DCA de 75mm, le capitaine Pagesy confie le résultat de ses réflexions à la revue de l'artillerie dans un article intitulé "En marge de la théorie des aéroplanes". Cet article sera publié en 1910 chez Berger-Levrault, le capitaine Pagesy est alors en garnison à Lunéville. Confronté dès le début du conflit, comme tous ses camarades, au problème du bombardement aérien et fort de sa connaissance des aéronefs, il rédige un mémoire qui sera transmis au ministre de la guerre et qui sera la base de "l'Instruction provisoire sur le tir antiaérien et manoeuvre de la pièce" de 1915. En janvier 1916, le CEN Pagesy est désigné pour diriger le nouveau centre d'instruction de DCA d'Arnouville-les-Gonnesse. Sous son impulsion vont être mis au point des méthodes et des matériels de mesures et de préparation au tir. Cumulant les fonctions de directeur du centre d'instruction de DCA et de président de la commission d'études pratique du tir de DCA, le CEN Pagesy, en octobre 1917, prend le commandement du 63e RA, régiment d'artillerie antiaérienne aux armées.

   Après guerre, le lieutenant-colonel Pagesy continue à travailler au profit de la DCA et à la faire connaître. Il publie en 1925 un livre intitulé "Tir contre avion et DCA". Colonel, chef de corps du 28e RA à Wiesbaden puis à Mayence de 1926 à 1928, il participe à la mise au point du poste central de tir direct électrique (adopté en 1934), dépose plusieurs brevets d'invention et publie deux études sur l'artillerie en 1927 et 1928. Général, il commande l'artillerie de la division d'infanterie de Montpellier puis la division elle-même. En 1934, il commande le 18e corps d'armées à Bordeaux et termine sacarrière, le 17 septembre 1938, à la section technique de l'armée où il a effectué des études sur la DCA. Le général de corps d'armée Eugène Pagesy, croix de guerre 1914-1918, grand officier de la légion d'honneur, décède le 15 février 1939.

   Esprit scientifique, rigoureux, clairvoyant, curieux et passionné, le CEN Pagesy, au cours de l'hiver 1914-1915, fort de sa connaissance des aéronefs et de l'artillerie, écrivait le mémoire posant les principes "un tir contre avion ne se règle pas, il se prépare" et "on ne tire pas sur l'avion actuel mais sur l'avion futur". Ce mémoire ne sera que le premier pas d'Eugène Pagesy dans la recherche de moyens et de méthodes toujours plus élaborés et efficaces dans la lutte contreles aéronefs. En 1936, assistant à des exercices mettant en oeuvre les premiers radars français, il déclare :

   " c'est une porte ouverte sur un avenir immense. Aujourd'hui l'avion tire la sonnette pour annoncer son arrivée, demain il mettra en marche les moteurs qui pointeront automatiquement nos canons sur lui".


Les F.T.A.


Extrait de l'ouvrage "402e R.A. un régiment d'exception", aux éditions Crépin-Leblond.



   En 1940, on trouve dans la défense antiaérienne :


F.T.A. : Forces Terrestres Antiaériennes, sous l'autorité du général en chef, et ayant une mission antiaérienne, artillerie de D.C.A., mais aussi mitrailleuses antiaériennes servies par des fantassins ; ce terme remplacera par la suite celui de D.C.A. (Défense Contre Aéronefs ou ensembledes matériels mobiles mis à la disposition du commandant en chef des Forces terrestres pour la couverture des objectifs intéressant les Forces terrestres et les Forces aériennes dans la zone des armées).

D.A.T. : Défense Aérienne du Territoire ; ensemble des matériels semi-mobiles ayant pour mission la défense des points et zones sensibles du territoire.


Du canon au missile


   Avec la seconde Guerre mondiale, la matériel a évolué : en 1944, le Messerschmitt 262A, volant à 920 km/h, marquait la première utilisation du réacteur à des fins militaires. Les bombardiers vont grimper au-dessus des 5000 mètres. L'avion s'échappe inexorablement du domaine d'action du canon. L'artillerie sol-air doit trouver une solution afin d'atteindre l'avion ou l'obliger à voler bas, à la portée des canons. Rapidement, la solution est trouvée, ce sera le missile.

   L'impulsion en matière de missile et de technologie afférente a été donnée par les Allemands de 1937 à 1944 à Peenemünde. Durant sept ans, des expérimentations ont été effectuées dans le domaine de la propulsion par propergols liquides et solides, du guidage radio, du guidage inertiel, de la télécommande à fils ou radio, des autodirecteurs infrarouges et électromagnétiques. En France, le besoin d'un système d'armes moyenne portée à base de missiles a été clairement identifié. Un système est étudié, construit, et une présérie est mise en place en 1958. Le projectile autopropulsé radioguidé contre avions (P.A.R.C.A.) servira à l'initiation des ingénieurs et des artilleurs sol-air jusqu'en 1962.

   En Union soviétique et aux Etats-Unis, la démarche est similaire. Aux Etats-Unis, la firme Raytheon met au point un système complet capable de frapper des aéronefs supersoniques à moyenne et basse altitude et d'accompagner une armée en campagne. Ce système s'appellera Hawk, acronyme de "Homing All the Way Killer" (tueur guidé tout au loing de son vol) ou, en traduction littéraire, "FAUCON". En 1958, les premières campagnes de tir militaires sont une telle réussite que l'O.T.A.N. exprime le désir d'ouvrir le système aux Européens.

   La France entre alors dans un consortium de pays européens de l'O.T.A.N. habilités à produire le système Hawk sous licence. En 1964, la plupart des cadres militaires français suivent le stage de formation aux Etats-Unis à Fort-Bliss sur le nouveau système d'armes Hawk, et les matériels sont livrés. L'aventure du Hawk français commence.

   L'artilleur sol-air a pour mission d'assurer la liberté d'action des forces en détruisant ou en neutraliant par ses tirs l'ennemi aérien à toutes les altitudes, en liaison avec l'Armée de l'air et les unités de toutes les armes.


 
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